Plan solidarité grand âge : « un plan ambitieux, d’envergure, concret ».
27/06/2006
Tels ont été les propos de Philippe Bas, Ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille pour qualifier le plan solidarité grand âge à l’occasion de la conférence de presse du 27 juin.
Exposant les travaux du second rapport de la Mission « Prospective des équipements et services pour les personnes âgées » du centre d’analyse stratégique, Philippe Bas a rappelé la nécessité de mettre en place des mesures concrètes pour faire face au « Tsunami démographique » que nous sommes en train de vivre.
Ce plan se décline selon 5 axes fondamentaux essentiels à la prise en charge des personnes âgées dépendantes.
1) Le libre choix du domicile
2) Inventer la maison de retraite de demain
3) Adapter l’hôpital aux personnes âgées
4) Assurer pour l’avenir le financement solidaire de la dépendance
5) Insuffler une nouvelle dynamique de recherche
1) Le libre choix du domicile
La prise en charge de la dépendance et notamment la prise en charge médicale à domicile n’est pas suffisante et entraîne des hospitalisations ou l’entrée en maison de retraite précipitée. Pour faire face à cela le plan prévoit :
- de développer l’HAD en passant de 8000 places aujourd’hui à 15 000 places en 2010.
- d’accroître le nombre de places de Ssiad en passant de 87 000 places aujourd’hui à 120 000 places en 2010, pour atteindre les 230 000 places en 2025.
- d’augmenter les services à domicile et d’étendre la palette des services en augmentant dès 2006 l’enveloppe de la CNAV de 24 millions d’euros.
- de former les professionnels de l’aide à domicile à repérer les premiers signes de la dépendance
- de créer un droit au répit pour les aidants familiaux en créant 1000 places d’hébergement temporaire et 2500 places d’accueil de jour tous les ans
- de créer de nouvelles formes de logement en encouragent notamment « les résidences services » et en développant l’accueil familial.
2) Inventer la maison de retraite de demain
L’objectif est de limiter la rupture entre domicile et établissement et de faire en sorte que la transition de l’un à l’autre se fasse dans les meilleures conditions possibles. Pour cela le plan entend favoriser la médicalisation des établissements et diversifier les services en lien avec le domicile. Le plan prévoit :
- de promouvoir dès la conception des nouvelles maisons de retraite une large palette de services orientés vers le domicile : places d’accueil de jour, places d’hébergement temporaire, services de soins infirmiers à domicile
- d’autoriser les établissements privés à avoir une activité de soin à domicile
- de permettre d’apporter des soins lourds en maison de retraite pour éviter l’hospitalisation
- de renforcer les effectifs en personnel soignant en passant de 0,57 soignant par résident à 0,65 dans l’objectif au terme des 5 ans d’avoir 1 professionnel par résident
- de développer l’animation dans les maisons de retraite et de renforcer les effectifs en personnels paramédicaux
- de renforcer la formation des professionnels du grand âge
3) Adapter l’hôpital aux personnes âgées
70% des urgences hospitalières concernent les personnes âgées. L’hôpital demeure mal adaptée aux besoins des personnes âgées dépendantes, il s’agit de réorganiser l’accueil des patients âgés à l’hôpital. Pour cela le plan prévoit :
- de développer dans tous les hôpitaux la médecine gériatrique pour avoir une prise en charge global des patients
- d’organiser sur chaque territoire des unités de court séjour gériatrique (1000), des unités de suite et de réadaptation (3000) et des équipes mobiles de gériatrie (86)
- de labelliser les filières gériatriques par les agences régionales d’hospitalisation
- de resserrer les liens entre domicile, maison de retraite et hôpital en systématisant les conventions entre les différents partenaires.
4) Assurer le financement solidaire de la dépendance pour l’avenir
En 2005, la cour des comptes insistait sur l’inévitable augmentation des dépenses liées à la prise en charge des la dépendance. Il s’agit d’engager dès aujourd’hui les modalités de financements supplémentaires. Pour cela le plan prévoit :
- de créer une mission d’étude confiée à Hélène Gisserot, Procureur général honoraire auprès de la Cour des comptes pour étudier et proposer des modes de financement complémentaires.
5) Insuffler une nouvelle dynamique de recherche et à la prévention
Le plan solidarité grand âge entend encourager la recherche et notamment en matière de prévention. Il prévoit :
- de proposer systématiquement une consultation gratuite de prévention aux personnes âgées de plus de 70 ans
- de lancer un grand programme de recherche sur les maladies du grand âge, en particulier la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et les pathologie apparentées ?
- de promouvoir la gériatrie universitaire
Au total, ce plan prévoit une enveloppe de 2,3 milliards d’euros sur 5 ans.
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